Archives militaires

Archives militaires

Avant d’entreprendre une recherche sur la carrière militaire d’un individu, il faut d’abord distinguer deux types de militaires : le milicien et le militaire de carrière. René Chartrand, du ministère de la Défense nationale du Canada, a produit une excellente synthèse sur l’histoire militaire canadienne. Publiés en trois volumes, ces textes sur le patrimoine militaire canadien sont disponibles, tant en anglais qu’en français.

Depuis le XVIIe siècle jusqu’au XIXe siècle, la milice regroupe en compagnies tous les hommes de 16 à 60 ans de chacune des paroisses. Des troupes régulières ont également été envoyées en Nouvelle-France. Le Régiment de Carignan-Salières, les Compagnies franches de la Marine et les Troupes de terre, respectivement débarqués en 1665, 1683 et 1755, en font partie. Par la suite, des régiments britanniques sont cantonnés au Canada jusqu’en 1871.

Le peuplement de la Nouvelle-France doit beaucoup aux militaires puisque presque la moitié des émigrants français établis aux XVIIe et XVIIIe siècles appartiennent à ce groupe.

Tout ce qui touche le domaine militaire est depuis 1867 de compétence fédérale. Il n’est donc pas étonnant que l’essentiel des archives militaires depuis la Confédération se retrouve à Bibliothèque et Archives Canada. Bon nombre de documents relatifs à la présence de l’Armée britannique au Canada s’y trouvent également. Le Centre canadien de généalogie présente un bon survol des ressources disponibles.

La recherche sur les militaires qui ont servi avant le XXe siècle, surtout en ce qui concerne les soldats, se heurte au caractère fragmentaire des archives. Il est possible de retracer, dans les archives coloniales françaises et britanniques ou dans les archives militaires canadiennes, certaines listes de recrues; le signalement de certains groupes de militaires; des états d’embarquement; des listes de prisonniers, de blessés ou de morts; des feuilles d'appel (muster rolls) et des états de solde (pay lists).

Pour les périodes plus récentes, on trouve généralement des dossiers du personnel, qui peuvent fournir au généalogiste de l'information personnelle sur un individu, comme sa date et son lieu de naissance, le nom et l'adresse de son plus proche parent, son enrôlement, ses états de service et son occupation.

Les archives militaires concernent :

    • les engagements ou la conscription
      • La base de données des Soldats de la Guerre des Boers (1899 à 1902), mise en ligne par Bibliothèque et Archives Canada, permet de suivre un total de 7 368 Canadiens et 12 infirmières ayant servi en Afrique du Sud. Cet instrument de recherche regroupe trois séries de documents se rapportant à la Guerre des Boers : les dossiers du personnel, les registres de médailles et les demandes de concession de terres. La guerre des Boers, de 1899 à 1902, est un élément clé de l’histoire militaire du Canada. Ce fut la première fois que le Canada envoya des troupes pour participer à une guerre outre-mer.
      • La base de données des Soldats de la Première Guerre mondiale (1914-1918) permet de repérer les références aux quelques 620 000 documents d'attestation et formulaires d'enrôlement conservés à Bibliothèque et Archives Canada. De plus, elle contient une copie d'environ 765 000 images de documents d'attestation sous forme numérique.
    • la liste des personnes membres d’une unité donnée
      • Dans cette catégorie figurent notamment les publications de Denis Racine et Luc Lépine sur les officiers de la milice :
        • Luc LÉPINE. Les officiers de milice du Bas-Canada, 1812-1815 = Lower Canada's militia officers, 1812-1815. Montréal, Société généalogique canadienne-française, 1996. 305 p.
        • - Denis RACINE. Répertoire des officiers de milice du Bas-Canada. Sainte-Foy, Société de généalogie de Québec. 1986-2000. 2 vol. (Contribution nos 51, 88).
      • - Le site de Suzanne Galaise fourni la Liste des officiers et soldats du Royal Roussillon embarqués à Brest en 1756. Un bataillon de ce régiment a servi au Canada durant la Guerre de la Conquête.
    • - les états de service
      • Les dossiers détaillés portent sur un soldat durant la durée de son service; dans certains cas, il faut ajouter les listes de prisonniers.
        • On y retrouve notamment son nom, son âge, son rang et sa description physique. Ils peuvent porter également sur le dossier médical, le statut familial, l’adresse de résidence à l’enrôlement et au décès, la race, les décorations et les médailles, la durée de service, les papiers de décharge…
      • Aux États-Unis, le National Archives and Records Administration (NARA) a mis en ligne une base de données permettant de connaître le nom et certaines caractéristiques de tous les membres des forces armées lors de la Deuxième Guerre mondiale. On y retrouve beaucoup de Franco-américains;
      • Civil War Soldiers : site mis sur pied par le National Parks Service. L’information porte notamment sur 6 300 000 dossiers de militaires;
      • - Database of Canadians who Served in the American Civil War, contenant 3 534 noms, dont quelques Québécois, avec mention des sources;
      • - World War II Army Enlistment Records portent sur environ 9 millions d’hommes et de femmes qui ont servi durant cette guerre;
      • - Certaines des autres bases de données disponibles pourraient également intéresser le généalogiste, dont :

        Robert CANTIN. Le Sacrifice du Royal 22e Régiment (de 1914 à 1999). Québec, Société de généalogie de Québec, 2004, 595 p. (Contribution no 90).

        • - Pour le Corps expéditionnaire canadien, les archives des cours martiales de la Première Guerre, sur le site de Bibliothèque et Archives Canada, permettent de suivre les individus concernés.
    • les journaux de guerre des unités de combat

La base de données Journaux de guerre de la Première Guerre mondiale, mise en ligne par Bibliothèque et Archives Canada, contient les images numériques des journaux de guerre des unités du Corps expéditionnaire canadien (CEC). Dès le début de la Première Guerre mondiale, les unités du CEC devaient faire un compte rendu quotidien de leurs « actions sur le terrain ». C'est ce qu'on appelait le journal de guerre. Ces documents ne sont pas des journaux personnels, mais plutôt des sources historiques qui documentent la gestion, les opérations et les activités des unités tout au long la Première Guerre mondiale.

    • les pensions de vétérans

Il s’agit de loin des sources les plus intéressantes et les plus riches pour un chercheur puisqu’elles comprennent de l’information sur les états de service, les proches, le conjoint, les enfants et, parfois, de l’information médicale. Elles permettent notamment de se faire une idée précise de l’évolution de la carrière militaire d'un soldat et de ses déplacements, ce qui peut suggérer d’autres sources à consulter.

Le site de l’Université de Waterloo permet de consulter la liste des Pensions to Militiamen of the War of 1812 Paid in 1884.

    • les concessions de terres en raison du service effectué lors d’une campagne donnée

Durant la guerre de 1812, la milice se divisa en deux catégories. D'une part, la milice sédentaire regroupe tous les hommes de 16 à 60 ans qui ne doivent servir que pour de courtes périodes et, d'autre part, la milice d'élite et incorporée est composée de miliciens choisis par tirage au sort parmi la première. Chacun d'entre eux doit servir activement sur une période d'un à deux ans. À la fin de la guerre, diverses mesures sont prises afin de récompenser les miliciens ayant fait partie de la milice d'élite et incorporée. Au début, des terres leur sont distribuées et, à partir de 1838, des actions provisoires (scripts) ayant une valeur monétaire équivalant à un nombre d'acres de terrains sont aussi accordées. En 1875, le gouvernement vote des gratifications pour les vétérans de la guerre de 1812. Une liste de 3 032 noms fut alors dressée (Documents de la session (1876), no 7a).

Les Archives nationales du Québec conservent des milliers de dossiers antérieurs à 1851 (E21, S64, SS4). Grâce à différents instruments de recherche, il est relativement aisé de retrouver ces requêtes et les certificats de démobilisation qui y sont généralement annexés. Outre les contrats d'engagement militaire passés devant notaire et les registres d’écrou des prisons, les certificats de démobilisation sont parmi les seuls documents à fournir une description physique d'un grand nombre d'habitants du Bas-Canada de cette époque.

  • les inhumations dans un cimetière militaire
      • Le cimetière de l’Hôpital général de Québec est le seul cimetière militaire lié à la Guerre de Sept Ans. Jean-Yves Bronze a publié un relevé des soldats qui y sont inhumés :

    Jean-Yves BRONZE. Les morts de la Guerre de Sept ans au Cimetière de l'Hôpital-Général de Québec. Sainte-Foy, Presses de l’Université Laval, 2001. 190 p.

    • Des sites Internet spécifiques existent à cet effet au Canada et aux États-Unis :
      • Legion Magazine : cette base de notices nécrologiques concerne les membres de la Royal Canadian Legion qui ont fait partie des Forces armées du Canada et des forces de police.
      • - Nationwide Gravesite Locator U.S. Department of Veterans Affairs.
Dernière modification le lundi, 03 février 2014 19:46

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